
Le Conseil départemental d’accès au droit a organisé, en partenariat avec le Tribunal Judiciaire de Colmar, la 6ème édition de la nuit du droit, le 3 octobre dernier.
Depuis 2017, le Président du Conseil Constitutionnel a souhaité que la soirée du jour de l’anniversaire de notre constitution soit consacrée à la promotion du droit : tribunaux et autres lieux du droit sont invités à proposer au public une « nuit du droit : pour voir le droit sous un jour nouveau »
L’événement s’est adressé au grand public, comme aux plus jeunes.
Pour le Grand public, le Tribunal judiciaire de Colmar et le CDAD 68 en partenariat avec le barreau de Colmar et l’ERAGE (Ecole Régionale des Avocats du Grand-Est) ont organisé un concours d’éloquence « justice olympique et paralympique » où quatre futurs avocats se sont affrontés, durant des plaidoiries de dix minutes chacune, sur des sujets originaux imposés en lien avec le sport.
Les sujets suivants ont été traités :
- Natation : Peut-on reprocher à la justice d’enchainer les longueurs ?
Soutenu par Madame CHAFFIN, sur les moyens de la Justice, un grand bassin olympique dans lequel dossiers et professionnels surnagent et laissent les justiciables dans les gradins perplexes.
- Boxe : La salle d’audience est-elle un ring ?
Soutenu par Madame CLERGET, une plaidoirie en forme de match de boxe pour sauver un innocent et rappeler que les règles de droit et de procédure sont le rempart contre l’arbitraire.
- Ethique sportive : Doit-on jouer franc jeu avec la justice ?
Soutenu par Monsieur BARBIER un discours inspirant sur la liberté de parole et la déontologie de l’avocat.
- Cécifoot : Peut -on reprocher à la justice d’être aveugle ?
Soutenu par Madame EULMI, une plaidoirie engagée contre les féminicides : « la justice n’est pas aveugle, elle a fait vœu d’obscurité. »
Maître DEMARCHE, avocat au barreau de Colmar, a conclu en intervenant avec humour et en dehors de toute compétition en faveur de l’égalité entre hommes et femmes.
Le jury était composé de :
– Madame la présidente du Tribunal
– Madame la Batonnière Laissue, présidente de l’ERAGE
– Maitre KAUFELD, représentant madame la Bâtonnière
– Maitre WIESEL, représentant le CDAD68
– Le public
Félicitations à Madame Clerget, lauréate du concours d’éloquence, stagiaire PPI au tribunal, pour sa plaidoirie en forme de match de boxe.
Pour illustrer la comparaison entre le ring de boxe et le ring judiciaire, elle a choisi l’exemple poignant d’un ancien boxeur japonais de 88 ans, récemment acquitté après avoir passé 48 ans dans le couloir de la mort. En divisant sa plaidoirie en plusieurs rounds, elle a décrit le combat de toute une vie contre l’injustice. « Cet ancien sportif méritant détient un record du monde : il est le détenu ayant passé le plus de temps dans le couloir de la mort. » Elle a conclu en expliquant que le combat pour la justice n’est jamais fini : « Ne refusons pas de lutter face à l’inacceptable, sous prétexte que la lutte est déséquilibrée et qu’elle est perdue d’avance ! »
La voie du public s’est portée sur Charlie Barbier, pour sa plaidoirie sur le thème « Éthique sportive : doit-on jouer franc jeu avec la justice ? ». Son intervention passionnée a défendu la liberté de parole des avocats en France et dans le monde, insistant sur l’importance de l’indépendance dans la défense des libertés fondamentales.
La soirée s’est achevée autour d’un moment convivial, offrant aux participant.es, juré.es et public l’occasion d’échanger sur les prestations et le fonctionnement de la Justice.
Pour les plus jeunes, le CDAD 68 a organisé une scène de crime en partenariat avec le barreau de Colmar, animée par la Police Judiciaire, Monsieur le Procureur et Maître DEMARCHE. Devant un public au rendez-vous, Monsieur le procureur a présenté les différentes infractions, la chaîne pénale et le rôle du parquet. La police scientifique a expliqué comment elle intervient dans ce cadre, les précautions de sécurisation de la scène, la recherche de traces et indices, le rôle des cavaliers et des photos, la durée des constatations, l’intervention de la médecine légale, les outils utilisés comme le portrait-robot génétique ou l’étude des traces de sang.
Le public était invité à circuler et à proposer des déductions sur les différentes pièces. Un visiteur a demandé un stage à l’issue de la visite.

